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Mythes et réalités sur la chasse au phoque

29 April 2022
Seal harvest

Mythes et réalités sur la chasse au phoque

 

Les populations de phoques canadiennes sont en bonne santé et prospères; leur chasse est pratiquée conformément à de strictes réglementations de gestion ainsi qu’à un quota scientifique déterminé par le gouvernement du Canada. Les chasseurs sont titulaires d’un permis et sont formés aux meilleures pratiques. Malgré ces faits bien établis, un certain nombre de rumeurs et de malentendus perdurent au sujet de l’industrie canadienne de la chasse au phoque. Voici donc 8 mythes et réalités sur la chasse au phoque au Canada.

Mythe no 1 : Le gouvernement canadien permet aux chasseurs de tuer les blanchons.

Tout d’abord, le blanchon n’est pas une espèce de phoque. Le terme désigne un bébé phoque du Groenland nouveau-né à la fourrure blanche. Les bébés phoques du Groenland naissent avec une longue fourrure blanche qui les aide à absorber la lumière du soleil et à rester au chaud avant qu’ils ne développent leur épaisse couche de graisse [1]. Le phoque du Groenland est l’espèce de phoque la plus étudiée et la plus répandue. Aujourd’hui, la population totale de phoques du Groenland dans le monde est estimée à près de 7,6 millions [2].

Baikal seal pup -nerpa | pacific_environment | Flickr

Les activistes accusent avec force les Canadiens d’être des tueurs de bébés phoques. Cependant, la chasse aux bébés phoques du Groenland (blanchons), ainsi qu’aux bébés phoques à capuchon (dos bleus), est interdite par la loi au Canada depuis 1987. Traditionnellement, les chasseurs inuits ne ciblent jamais les blanchons. Tous les phoques capturés sont des animaux autonomes et indépendants. Les phoques chassés ont été sevrés de leur mère et sont totalement seuls. Ils ne peuvent pas être considérés comme des petits.

 

 

Mythe no 2 : Les phoques sont écorchés vifs.

 

En 1964, une équipe de tournage a payé quelqu’un pour écorcher un phoque vivant, un acte de cruauté qu’elle a ensuite décrit comme étant une pratique typique de la chasse au phoque. Le documentaire a été diffusé le 17 mai 1964 sur Radio Canada. On peut y voir un chasseur écorchant un bébé phoque vivant; ce dernier continue à se débattre alors que le couteau le transperce de part en part. Pourtant, quelques années plus tard, ce même traqueur aurait avoué avoir été payé par l’équipe du film pour écorcher un blanchon vivant. Même si le documentaire était une pure escroquerie, cette seule « preuve » a été utilisée à plusieurs reprises par les défenseurs des animaux pendant des décennies. Le grand public ne semblait pas non plus enclin à connaître la vérité. Les gens croyaient que les phoques étaient écorchés vifs et subissaient une mort lente, dans d’atroces souffrances. Des vétérinaires internationaux indépendants et des experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont également conclu que les affirmations des groupes anti-chasse selon lesquelles les phoques étaient écorchés vifs étaient fausses.

Mythe no 3 : Le matraquage de phoques à l’aide d’un hakapik constitue une pratique barbare et inhumaine qui n’a pas sa place dans le monde d’aujourd’hui.

 

La Commission royale sur les phoques et l’industrie de la chasse au phoque au Canada a étudié les méthodes de chasse aux phoques : il en est ressorti que le matraquage des phoques, lorsqu’il est correctement effectué, est bien souvent moins cruel que les méthodes de mise à mort utilisées dans les abattoirs commerciaux (pour les vaches ou les poulets) acceptées par la majorité du public.

 

Le hakapik est une lourde massue en bois possédant un crochet à son extrémité. Cet outil a été conçu par les Norvégiens pour la chasse aux phoques. Le hakapik est un outil efficace conçu pour tuer un animal rapidement et sans cruauté. Par rapport au hakapik, le fusil peut s’avérer moins efficace, car il doit viser la tête du phoque. Les deux méthodes sont considérées par les experts comme étant sans cruauté. Cependant, de multiples études, comme celle publiée dans le Canadian Veterinary Journal en 2002, ont expliqué pourquoi le hakapik (autrement dit, la massue) constitue le meilleur outil pour la chasse au phoque du Groenland ou au phoque gris. [4] La chasse au phoque n’est pas plus cruelle que tout autre type de chasse.

Mythe no 4 : Le gouvernement canadien permet aux chasseurs de chasser des milliers de phoques pour aider à la reconstitution des stocks de morue.

Le gouvernement canadien ne permet pas aux chasseurs de chasser les phoques sans aucune limite. En 2020, le total autorisé des captures pour les phoques du Groenland était de 400 000 individus. Pour les phoques gris, il était de 60 000 individus. La limite de capture totale autorisée pour le phoque du Groenland ne représente que 5 % de sa population. Le MPO établit des quotas annuels à des niveaux qui garantissent le bien-être et l’abondance des populations de phoques tout en tenant compte de plusieurs facteurs, tels que l’état des glaces, les captures accessoires, la chasse au Groenland et dans l’Arctique et les dépassements potentiels de quotas lors de la prise de décisions. Le quota commercial est déterminé selon les principes de préservation des populations de phoques et non dans le but d’aider au rétablissement des stocks de morue. Même si une mortalité importante de morues juvéniles due à la prédation, notamment par les phoques gris, a été observée, le gouvernement fonde sa décision de réduction de la population de phoques gris sur des analyses scientifiques [5].

snow-covered mountain near body of water

Mythe no 5 : La chasse n’est pas une pratique durable et met en danger la population de phoques du Groenland.

 

Aucune des espèces de phoques chassées au Canada n’est en voie de disparition, en particulier les phoques du Groenland. L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) est l’autorité mondiale en matière d’analyse de l’état de conservation des espèces végétales et animales à l’échelle mondiale. Le phoque du Groenland fait partie des espèces constituant une « préoccupation mineure » répertoriées par l’UICN.

 

 

La population totale de phoques du Canada est estimée à plus de 10 millions d’individus [6]. C’est le plus grand nombre jamais observé par le ministère des Pêches et des Océans. La population de phoques du Groenland de l’Atlantique nord-ouest est saine et abondante; et on estime que depuis 1994, elle a augmenté de près de 60 % pour atteindre 7,6 millions d’individus [6]. Le MPO a déterminé des quotas de chasse annuels à des niveaux qui garantissent la santé et l’abondance de la population de phoques.

 

La population de phoques du Groenland va continuer de croître. La figure ci-dessous illustre la population de phoques du Groenland de l’Atlantique nord-ouest selon différentes hypothèses de modèle et avec une chasse annuelle de 325 000 animaux. Les lignes pointillées représentent les intervalles de confiance à 95 % pour le modèle de croissance exponentielle [7].

 

Mythe no 6 : La chasse au phoque offre un si faible rendement économique aux chasseurs de phoque que cette industrie n’est pas économiquement viable.

Dans de nombreuses communautés du Nord-Est canadien, la chasse au phoque était le facteur clé qui permettait aux résidents de s’installer toute l’année dans la région. En tant que source alimentaire locale et durable, les avantages économiques de la chasse au phoque sont difficiles à évaluer en valeur monétaire. Dans des régions comme le Grand Nord, où la sécurité alimentaire est encore un problème aujourd’hui, la viande de phoque est un aliment vital pour les communautés. Encore aujourd’hui, la chasse au phoque contribue au revenu annuel des personnes qui vivent dans des communautés côtières rurales, où les autres possibilités économiques sont limitées, et elle pourrait aider à réduire l’émigration vers les grands centres urbains. La chasse au phoque constitue une source d’emplois directs toute l’année pour des milliers de personnes. Dans certaines communautés, plus de 25 % des ménages participent à la chasse au phoque, ce qui peut représenter de 25 à 35 % du revenu annuel pour certains. Il ne s’agit pas que d’un petit groupe de personnes qui tirent profit de la chasse. En plus des avantages économiques, la chasse au phoque offre également des avantages en matière de santé, de nutrition et de culture.

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Juste avant l’embargo de l’UE sur les produits dérivés du phoque, en 2006, la valeur au débarquement des phoques du Groenland était d’environ 30 millions de dollars. Selon une étude récente, la valeur alimentaire de remplacement de la viande de phoque vaut environ 5 millions de dollars. Les produits en peau de phoque représentent un million de dollars supplémentaires pour le secteur des arts et de l’artisanat [8].

 

Mythe no 7 : Pêches et Océans Canada (MPO) accorde des subventions pour la chasse au phoque.

  

 

Le MPO ne subventionne pas la chasse au phoque. Tout financement fourni était destiné à la recherche et au développement du marché et des produits afin de soutenir l’utilisation de la totalité du phoque. Le Programme de certification et d’accès aux marchés des produits du phoque (PCAMPP) est un programme de 5,7 millions de dollars échelonné sur cinq ans qui s’est déroulé jusqu’à la fin 2020. Le PCAMPP a financé le développement de systèmes de certification et de suivi afin que les produits du phoque issus de la pêche autochtone puissent être certifiés afin d’être vendus dans l’Union européenne (UE) [8]. La plupart des projets financés étaient liés au développement du marché des produits dérivés du phoque. En réalité, le gouvernement du Canada a fourni beaucoup moins de financement à l’industrie du phoque que ce qui a été recommandé par la Commission royale sur les phoques et la chasse au phoque.

 

Mythe no 8 : La chasse au phoque est peu surveillée et le MPO ne punit pas les activités ou pratiques de chasse illégales.

 

La chasse au phoque au Canada est la chasse aux animaux la plus encadrée au monde. Les agents des pêches surveillent les activités de chasse au phoque 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pendant la saison de chasse. La GRC, la police provinciale du Québec et des observateurs en mer travaillent également à surveiller la chasse et à faire respecter le Règlement canadien sur les mammifères marins.

 

Les agents des pêches surveillent les chasseurs de phoque et les activités de chasse au phoque au moyen de la surveillance aérienne, de systèmes de surveillance des navires (suivi par satellite), de patrouilles et d’inspections en mer et à quai/sur le site de débarquement, ainsi que d’inspections sur les sites/installations de l’acheteur/du transformateur. La Garde côtière canadienne assure le soutien et la surveillance des navires et des hélicoptères, et l’application de la loi est renforcée au besoin par la GRC et la Police provinciale du Québec.

green mountain under blue sky during daytime

Un taux de conformité au Règlement sur les mammifères marins de 96 % a été observé au cours d’environ 3 000 inspections d’agents des pêches au cours des cinq dernières années [9]. Les infractions sont prises très au sérieux et les chasseurs qui enfreignent le Règlement sur les mammifères marins du Canada sont pénalisés. Les conséquences d’actions illégales pourraient inclure des amendes imposées par les tribunaux, des interdictions de permis et la confiscation des captures, des engins de pêche, des navires et des véhicules.

 

Références

 

[1] https://oceana.org/marine-life/harp-seal/

[2] https://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/Library/40958899.pdf

[3] https://www.ilesdelamadeleine.com/2021/05/ephemerides-un-film-choc-tourne-en-1964-les-grands-phoques-de-la-banquise-5/

[4] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC339547/

[5] https://www.dfo-mpo.gc.ca/fisheries-peches/initiatives/cod-morue/strategic-mar-eng.html

[6] https://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/Library/40958899.pdf

[7] https://canadiansealproducts.com/the-canadian-seal/sustainability-ecosystem

[8] https://www.gov.nu.ca/sites/default/files/final_gn_info_package_-_economy.pdf

[9] https://canadiansealproducts.com/the-canadian-seal/humane-professional

 

 

 

 

 

Références